Oui, on peut revendre un viager avec plus value. Et non, ce n’est pas réservé aux champions de la fiscalité cachés dans des caves pleines de classeurs. La règle est simple, dès que vous revendez un bien, même acheté en viager, le fisc regarde si vous avez gagné de l’argent entre le prix d’achat et le prix de revente. Si oui, bienvenue dans le monde merveilleux de la plus value immobilière. La vraie question n’est pas « est ce que c’est possible » mais plutôt « comment ça se calcule » et « combien ça va vous coûter ».
Peut on revendre un viager avec plus value, la réponse cash
Sur le plan juridique, revendre un viager, c’est autorisé, que ce soit un viager libre ou occupé. Vous devenez propriétaire dès la signature chez le notaire, même si le vendeur garde un droit d’usage. Donc vous pouvez céder ce que vous possédez. Et si vous revendez plus cher que ce que vous avez payé, il y a potentiellement une plus value imposable, comme pour n’importe quelle vente immobilière.
Le truc qui complique, c’est que le prix d’achat en viager, ce n’est pas juste le bouquet noté dans l’acte. Il faut prendre en compte la valeur du droit d’usage du vendeur, la rente viagère versée, les frais et les travaux. C’est là que beaucoup d’investisseurs se plantent et paient trop, ou au contraire stressent pour rien.
- Oui, on peut revendre un viager avec plus value
- Oui, la plus value peut être taxée, comme sur une vente classique
- Oui, le calcul est plus tordu qu’un simple « prix de vente moins prix d’achat »
Ce que vous revendez vraiment dans un viager
Quand vous revendez un bien acheté en viager, vous ne revendez pas « un viager », vous revendez un droit de propriété classique, parfois grevé d’un droit d’occupation. Concrètement, si le viager est occupé, l’acheteur reprend le contrat de viager à votre place et continue de verser la rente au crédirentier. Si le viager est libre, vous revendez comme un bien normal, point.
Fiscalement, l’administration vous regarde comme tout vendeur de bien immobilier. Elle s’en fiche que vous ayez payé en bouquet, en rentes ou en barres de chocolat. Elle veut connaître une chose, le prix d’acquisition réel et le prix de vente, pour calculer la différence.
- Viager occupé, l’acheteur récupère l’obligation de payer la rente
- Viager libre, on est quasi sur un schéma de vente classique
- Dans tous les cas, calcul de plus value à vérifier avec soin
Attention à ne pas confondre rente et plus value
Grosse confusion classique. Les rentes que vous avez versées au vendeur, ce n’est pas de la plus value. C’est une partie de votre prix d’acquisition. La plus value, c’est la différence entre la valeur totale à laquelle vous avez acquis le bien et le prix auquel vous le revendez, après un certain nombre d’ajustements prévus par la loi.
C’est justement parce que ce montage est un peu technique que beaucoup d’investisseurs prennent peur, alors qu’un viager bien acheté peut rester une excellente opération, même après imposition de la plus value. Si vous débutez dans l’investissement, un petit tour par ce guide pour bien débuter en investissement immobilier vous aidera à poser des bases solides avant de jouer avec le viager.
- La rente n’est pas un gain, c’est un coût pour l’acheteur
- La plus value se calcule uniquement au moment de la revente
- Les règles restent celles des plus values immobilières classiques

Pour savoir si vous faites une plus value en revendant votre viager, il faut d’abord déterminer combien ce bien vous a réellement coûté. Pas juste « dans votre tête », mais selon la logique du fisc, parce que c’est lui qui a le dernier mot, même si ce n’est pas toujours le plus drôle de la salle.
Comment le fisc calcule la plus value sur un viager
Le schéma général est le même que pour n’importe quelle revente. On part du prix de vente net vendeur, puis on enlève le prix d’acquisition corrigé. La différence donne votre plus value brute. Ensuite, on applique des abattements en fonction de la durée de détention, et parfois d’autres avantages. Mais pour un viager, la question clé reste, comment déterminer ce fameux prix d’acquisition.
En viager, le prix d’acquisition, c’est la valeur totale que vous avez acceptée à l’achat, c’est à dire la valeur du droit de propriété telle qu’évaluée chez le notaire, qui se décompose en bouquet plus capitalisation de la rente. Autrement dit, même si vous n’avez pas encore versé toutes les rentes au moment de la revente, on retient pour le calcul la valeur économique prévue à l’origine.
- Prix de vente, c’est ce que l’acheteur vous paie réellement
- Prix d’acquisition, c’est la valeur totale du viager à l’achat
- Plus value brute, c’est la différence entre les deux
Les éléments classiques du prix d’acquisition
Heureusement, tout n’est pas flou. Plusieurs postes viennent gonfler le prix d’acquisition et donc réduire la plus value imposable. Et ça, on ne va clairement pas s’en priver.
- Le bouquet versé initialement au crédirentier
- La valeur de la rente viagère telle qu’évaluée à la signature
- Les frais de notaire et droits d’enregistrement
- Certaines dépenses de travaux, surtout s’ils sont amélioratifs
Pour les travaux, il faut des factures, des entreprises, bref pas du bricolage du dimanche entre deux barbecues. En général, au bout de cinq ans, vous pouvez aussi opter pour un forfait de 15 pour cent du prix d’acquisition si vous n’avez pas gardé toutes les factures. Si vous avez déjà l’habitude de calculer vos rendements, une piqûre de rappel avec ce guide sur le calcul des plus values immobilières peut vous faire gagner du temps.
Tableau simplifié d’un calcul de plus value en viager
Pour visualiser tout ça sans mal de crâne, voilà un petit exemple tout propre.
| Élément | Montant |
| Prix de vente net vendeur | 300 000 € |
| Bouquet versé à l’achat | 60 000 € |
| Valeur économique de la rente à l’achat | 140 000 € |
| Frais de notaire | 12 000 € |
| Travaux amélioratifs | 20 000 € |
| Prix d’acquisition corrigé | 232 000 € |
| Plus value brute | 68 000 € |
Ensuite, on applique les abattements pour durée de détention. À partir de la 6ème année de détention, plus vous gardez le bien longtemps, plus la plus value taxable fond, jusqu’à l’exonération totale après 22 ans pour l’impôt et 30 ans pour les prélèvements sociaux. Moralité, la patience, ce n’est pas que pour les fromages.
- Plus vous détenez longtemps, plus la fiscalité baisse
- Le viager ne casse pas les règles classiques de durée
- Le notaire reste votre allié pour sécuriser les chiffres
Et si le viager est votre résidence principale
Là, bonne nouvelle. Si au moment de la revente du viager, le bien constitue votre résidence principale, la plus value est en principe exonérée, même si le bien a été acheté en viager. Ce qui intéresse l’administration, c’est votre usage au moment de la vente, pas la façon dont vous avez acquis le bien.
En revanche, si vous avez acheté un viager comme investissement locatif, là on reste sur le régime classique des plus values. Ce type d’opération peut être très rentable si vous maîtrisez vos chiffres. Si vous voulez comparer avec d’autres stratégies, allez voir cet article sur l’investissement immobilier le plus rentable pour positionner le viager dans votre stratégie globale.
- Résidence principale, souvent égal zéro impôt sur la plus value
- Investissement locatif, application du régime standard
- Chaque situation doit être vérifiée avec un pro du droit immobilier

Maintenant qu’on a posé les bases, parlons concret. Oui, revendre un viager avec plus value peut être une opération très rentable. Mais seulement si vous choisissez bien votre viager au départ, si vous maîtrisez les risques et si vous anticipez la revente plutôt que d’improviser un dimanche soir sur un coin de table.
Bien préparer la revente d’un viager pour optimiser la plus value
La rentabilité d’un viager ne se joue pas seulement au moment où vous achetez, elle se joue aussi le jour où vous décidez de sortir. Le marché n’est pas le même pour un viager libre ou occupé, l’âge du crédirentier a évolué, la rente a été partiellement versée, le bien a peut être pris de la valeur. En clair, votre stratégie de revente doit être pensée comme une étape normale de l’investissement, pas comme un plan B d’urgence.
On voit de plus en plus d’investisseurs acheter en viager, puis revendre quelques années plus tard pour réallouer le capital sur d’autres opérations. Enchaîner les opérations, ça peut être très malin, à condition de savoir où vous mettez les pieds. Pour ça, un tour par ce guide sur comment enchaîner les investissements immobiliers peut vous aider à structurer votre parcours.
- Anticiper la revente dès l’achat du viager
- Suivre la valeur de marché du bien régulièrement
- Documenter soigneusement travaux et frais
Les erreurs classiques à éviter à la revente
Pour garder votre plus value au chaud, il y a quelques pièges très courants. Certains font perdre de l’argent, d’autres font perdre du temps, et le combo des deux est rarement agréable.
- Ne pas garder les factures de travaux, donc perdre des déductions
- Sous estimer la valeur de marché réelle du bien au moment de la vente
- Oublier de vérifier précisément la durée de détention pour les abattements
- Mal expliquer le montage du viager à l’acheteur, donc faire fuir de bons profils
Pour éviter ça, un bon agent ou un notaire habitué aux viagers peut changer totalement la donne. Le viager reste un produit technique, avec des subtilités juridiques et fiscales. Ce n’est pas le moment de jouer les cowboys en solo alors que la moindre erreur peut se chiffrer en milliers d’euros.
Viager, plus value et stratégie globale d’investisseur
Le plus intelligent, c’est de ne pas regarder votre viager comme un ovni isolé, mais comme une brique de votre stratégie globale d’investissement immobilier. Il peut servir à diversifier vos flux de trésorerie, à préparer votre retraite, à lisser votre fiscalité dans le temps ou à financer de futurs projets via une revente bien calibrée.
Si vous débutez, commencez par des schémas plus classiques, puis ajoutez le viager quand vous êtes à l’aise avec les mécanismes de rentabilité et de fiscalité. Ce guide pour réussir votre premier investissement immobilier est une bonne base avant de passer au level « montages plus techniques ».
- Le viager peut créer une jolie plus value à la revente
- Il reste un produit de niche à manier avec méthode
- Intégrez toujours l’opération dans une vision patrimoniale globale
En pratique, oui, vous pouvez revendre un viager avec une belle plus value, sans vous faire dévorer par les impôts, à condition de respecter trois réflexes simples, bien documenter votre prix d’acquisition, anticiper la durée de détention, vous entourer de pros quand le dossier devient technique. Et si vous voulez aller plus loin sur toute la partie viager, fonctionnement et pièges, j’ai décortiqué tout ça ici, dans le guide complet sur comment marche le viager.
Vous avez maintenant les clés pour ne plus regarder la question « peut on revendre un viager avec plus value » avec méfiance. Oui, c’est possible, oui, c’est encadré, et oui, bien maîtrisé, ça peut devenir une arme redoutable dans votre boîte à outils d’investisseur immobilier malin.
